Quel type de masque barrière choisir contre le COVID19 ?



Quel-masque-barriere-choisir

Pourquoi des masques barrières ou alternatifs ?

L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) a émis un avis, le 24 mars 2020. Ce dernier précise la place de masques alternatifs ou masques barrières en étoffe (tissu, non tissé, tricot) dans le contexte de l’épidémie de COVID 19.

Pour limiter la propagation du virus, l’usage de masques barrières ou alternatifs, dédiés à des Usages Non Sanitaires (UNS), présente un intérêt. Il permet notamment de réserver l’utilisation des masques ayant le statut de dispositifs médicaux ou d’équipements de protections individuels aux personnels de santé (masques chirurgicaux ou masques FFP2).

Des initiatives de particuliers ou d’industriels ont permis la fabrication d’un certain nombre de prototypes de masques en étoffes. Aujourd’hui, l’offre est multiple : certains masques présentent les qualités requises pour limiter efficacement et confortablement la propagation du coronavirus, pour d’autres les allégations sont plus aléatoires. Il est important de distinguer les divers masques barrières et leurs caractéristiques pour un choix éclairé en vue du déconfinement.

Quels types de masques barrières en tissu ou masques alternatifs choisir ?

L’usage de ces masques barrières ou masques alternatifs est exclusivement réservé à des usages non sanitaires pour des personnes saines ou asymptomatiques. Ils ne sont pas destinés à des individus ayant développé des symptômes du coronavirus ou à des personnes en contact avec des personnes malades pour lesquelles des masques médicaux seraient plus appropriés.

L’ANSM considère que les masques barrières peuvent être classés suivant deux catégories d’usage :

  • Les masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public (catégorie 1 ou UNS 1) : ce masque sera destiné à des populations amenées à rencontrer un grand nombre de personnes lors de leurs activités (hôtesse de caisses, agents des forces de l’ordre…) ;
  • Les masques de protection à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques (catégorie 2 ou UNS 2). Les masques de protection à visée collective sont destinés à l’usage d’individus dans le cadre de leur activité professionnelle. Ce masque devra être porté par l’ensemble des individus d’un sous-groupe (entreprise service, bureau) ou en présence d’autres individus porteurs d’un masque d’une autre catégorie. Ces masques, pourront, le cas échéant, être proposés au plus grand nombre lors des sorties autorisées dans le contexte du confinement ou déconfinement.

En d’autres termes, si vous êtes en contact avec un nombre important de personnes, il est recommandé d’opter pour un masque UNS 1, davantage filtrant. En revanche, si vous côtoyez peu d’individus en dehors de votre foyer, un masque UNS 2 pourrait vous suffire. Nous vous laissons juges du niveau de risque de votre activité.

Dans tous les cas, les masques barrières doivent être utilisés dans le respect strict des recommandations en termes de gestes barrières et de distanciation sociale.

Quels sont les caractéristiques des patronnages utilisés pour les masques barrières ou alternatifs ?

La norme AFNOR SPEC S76-001 du 27 mars 2020 est un guide d’exigences minimales, de méthodes d’essais, de confection et d’usage. Elle évoque la fabrication en série et la confection artisanale.

Les masques barrières doivent couvrir le nez, la bouche et le menton. Pour être efficaces, ils se portent sur peau nue. A noter : la barbe peut nuire à la performance du produit en diminuant « l’étanchéité » du masque. Cette caractéristique est essentielle au niveau des joues et du menton mais aussi du nez.

Certains modèles et patronnages sont proposés en exemple, notamment les modèles en forme de « bec de canard » et les modèles « à plis ». Attention : les modèles présentant une couture verticale nez-bouche-menton sont à proscrire : celle-ci peut potentiellement constituer une zone de passage des gouttelettes.

Pour pouvoir être ajusté à la tête de l’utilisateur, le masque barrière doit être pourvu d’un jeu de brides. Celles-ci peuvent être élastiques ou non, se glisser derrière les oreilles ou être positionnées derrière la tête (voir les schémas ci-joints). Les deux options permettent d’ajuster le masque autour du visage mais certaines personnes préfèrent une configuration et d’autres trouvent l’alternative plus confortable.

2 système de maintien du masque : élastiques oreilles ou attaches derrière la tête

Un test de la résistance de ces brides à la traction doit être réalisé sur 3 personnes minimum présentant des morphologies différentes.

Pour vérifier le niveau d’étanchéité du masque une fois placé, il faut que l’utilisateur expire fortement et qu’il ne sente pas de jet d’air au niveau des yeux. Pour parfaire l’ajustement du masque au niveau du nez, certains masques sont réalisés avec une barrette nasale ou pour davantage de confort. Dans le cas des masques proposés par EPITACT®, il s’agit d’une pièce en silicone sur l’arête du nez.

Un test au porté pendant 4 heures doit être réalisé par le fabricant sur des personnes de morphologies différentes pour vérifier notamment la capacité d’ajustement du masque, son confort, la tolérance du produit, etc…

Quels sont les caractéristiques des matériaux utilisés pour les masques barrières ou alternatifs ?

Les performances du matériau ou du complexe (plusieurs couches d’étoffes) utilisé pour la réalisation des masques barrières sont mesurées par la DGA (Direction Générale de l’Armement). Les essais sont réalisés selon le protocole de la DGA diffusé par lettre du 25 mars 2020 après 0, 5 et 10 cycles de lavage. Certains industriels demandent spécifiquement à la DGA d’effectuer des essais après un nombre plus important de lavages (20, 30, 40, 50 ou 60 cycles). Les cycles de lavages sont réalisés à 60°C, suivis d’un séchage et d’un repassage à 120°C.

Dans le cas de masques barrières, les caractéristiques étudiées sont l’efficacité de filtration des particules de 3 µm et la perméabilité à l’air pour une dépression de 100 Pa. Cette dernière donnée permet d’évaluer la respirabilité du masque et donc son confort. En effet, il peut être porté jusqu’à 4 heures, il est donc important qu’il soit le moins contraignant possible pour que l’observance soit maximale.

La note d’information interministérielle du 29 mars 2020 relative aux nouvelles catégories de masques réservées à des usages non sanitaires impose :

  • une perméabilité à l’air qui doit être supérieure à 96 L.m-2.s-1, quelle que soit la catégorie du masque barrière
  • une efficacité de filtration des particules de diamètre 3 μm émises > à 90 % pour les masques de catégorie 1 (masque individuel à usage des professionnels en contact avec le public) et > 70 % pour les masques de catégorie 2 (masque de protection à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques)

Bonus : certains masques sont réalisés avec des étoffes certifiées Oekotex standard 100. C’est notamment le cas des masques en tissu, réutilisables, proposés par EPITACT®. Même si cette certification n’a pas d’incidence sur la qualité de la protection contre le COVID 19, elle indique que les matériaux utilisés pour la confection du masque ne sont pas nocifs pour la santé humaine. Cet élément est important lorsque l’on sait que l’utilisateur est susceptible de porter le masque en regard du nez et de la bouche plus de 8 heures par jour !

Comment s’assurer que mon masque barrière est suffisamment protecteur contre le COVID 19 ?

Les performances du matériau utilisé pour la réalisation des masques barrières sont normalement testées par la DGA (Direction Générale de l’Armement). Pour assurer la traçabilité entre les masques barrières mis sur le marché et les tests effectués par la DGA, chaque document (étiquette, page produit internet…) présentant un masque barrière à la vente devrait contenir les mentions suivantes (ci-dessous exemple concernant un masque barrière de catégorie 1) :

Masque réservé à des usages non sanitaires de catégorie 2 selon la note d’information du 29 mars 2020

Matériau dont les performances ont été mesurées par les laboratoires de DGA Maîtrise NRBC, 5 rue Lavoisier, 91710 Vert-le-Petit (Rapport RP/20-3642/DGA MNRBC/2000360/NP) et qui supporte x60 lavages.

- efficacité de filtration des particules de 3 μm > 90 %

- perméabilité à l’air pour une dépression de 100 Pa > 96 L.m-2.s-1

Design établi et testé sur porteur pendant 4 heures par nos soins.

La mention de la référence du rapport d’analyse s’avère essentielle pour établir une correspondance entre les tests sur matériaux et le masque que vous avez acheté ou souhaitez acheter. Par ailleurs, le nombre de lavages testé est une donnée incontournable. Assurez-vous que toutes ces informations vous sont bien fournies.

De plus, depuis le 27 avril 2020, un logo a été proposé pour valider que les matériaux utilisés pour la confection des masques ont été évalués, et ce pour un nombre de lavages donné.

Logos filtration garantie DGA et tests lavages

Attention : Il existe dans les communications concernant les masques barrières une certaine confusion. En effet, la performance des matériaux utilisés pour la réalisation des masques barrières est effectivement mesurée par la DGA mais celle-ci ne valide pas, n’homologue pas de masques. Les phrases du type « Masque testé par la DGA » sont donc mensongères.

 

En conclusion, si les matériaux de réalisation de votre masque réutilisable ou jetable ont été évalués par la DGA, vous devrez toutefois vérifier par vous-même que les zones du nez, de la bouche et du menton sont bien recouvertes (sans couture verticale du nez à la bouche) et que le masque est suffisamment ajusté sur votre visage pour constituer une barrière contre le COVID 19. Ces critères sont essentiels. D’autres paramètres secondaires orienter votre choix : légèreté du masque, confort, innocuité du tissu, maintien sur le visage (attaches derrière la tête ou derrière les oreilles)… Des critères économiques et écologiques peuvent aussi être pris en compte : nombre d’utilisations possibles, provenance des matières premières….

Rappelons toutefois que le port du masque doit être combiné au respect des autres gestes barrière tels que les mesures de distanciation entre les individus, le lavage des mains…

 

Sources : 

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/affiche_gestes_barrieres_fr.pdf

https://www.gouvernement.fr/fabriquer-un-masque-tutoriels-et-recommandations

https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/05/livret_tutoriel_masque_afnor.pdf

https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/home/Masques_reservees_a_des_usages_non_sanitaires.pdf

Partager cet article sur

ARTICLES CONNEXES