Diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde



Diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde

Poser un diagnostic de cicatrice hypertrophique ou chéloïde pertinent s’avère particulièrement nécessaire. Ces deux cicatrices, dont l’apparence et le mécanisme d’apparition sont similaires au premier abord, font bien souvent l’objet d’une confusion. Cependant, leur différenciation est cruciale pour prescrire le bon traitement et éviter une opération ou une récidive inutile.

Vous pensez avoir une cicatrice anormale et vous avez entendu parler de cicatrice hypertrophique ou chéloïde ? EPITACT® vous aide à comprendre leurs différences et vous dévoile les principales techniques utilisées pour les diagnostiquer avec certitude.

 

Qui et quand consulter pour le diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde ? Quelles sont les trois étapes clés de ce diagnostic ?

 

Avant le diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde

Avant d’établir quelconque diagnostic de cicatrice hypertrophique ou chéloïde, décryptons en quoi consiste ces deux lésions.

Les cicatrices chéloïdes et hypertrophiques sont deux types de cicatrices pathologiques qui se développent après une lésion de la peau. Elles se manifestent peu de temps après le traumatisme et prennent une coloration rose à brune avec un aspect boursouflé d’étendue variable. Une activation excessive du processus de cicatrisation est généralement mise en cause. Les cellules de la peau prolifèrent de manière anarchique et entraînent la multiplication puis l’accumulation de fibres de collagène.

 

Diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde : qui consulter ?

Si vous suspectez une cicatrice pathologique ; persistante, boursouflée, colorée ou qui démange, pensez à consulter un professionnel de santé. Médecins généralistes et dermatologues sont les premiers spécialistes à consulter pour un diagnostic fiable et rapide en cas de cicatrice anormale.

 

Diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde : quand consulter ?

Pour diagnostiquer la cicatrice hypertrophique ou chéloïde, il convient d’attendre au moins 18 mois après la lésion initiale(1). C’est le temps minimal permettant de distinguer les deux types de cicatrices.

En effet, la cicatrice hypertrophique évolue lentement, mais se stabilise autour de 18 à 24 mois après le traumatisme . Au début, l’aspect de la cicatrice chéloïde est très proche de celui de la cicatrice hypertrophique , soit peu volumineux. Avec le temps, une cicatrice chéloïde aura tendance à ressembler à une tumeur fibreuse, de taille étendue et croissante(2) .

Un diagnostic précoce peut d’ores et déjà s’orienter vers l’une ou l’autre. Cependant, les diagnostiquer avec certitude demande du temps et le suivi de certaines étapes clés.

 

Diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde : quelles étapes ?

Deux étapes majeures permettent de confirmer ou de réfuter l’hypothèse émise par le spécialiste consulté : l’interrogatoire et l’examen dermatologique. Cependant, pour renforcer le diagnostic, d’autres examens complémentaires peuvent être suggérés.

Étape 1 du diagnostic de cicatrice hypertrophique ou chéloïde : l’interrogatoire

L’interrogatoire consiste à recueillir des informations précieuses sur le patient : symptômes, antécédents personnels, familiaux, etc. Il s’agit de la première étape systématique lors de n’importe quelle consultation. Le patient décrit les symptômes perçus, leur localisation, leur intensité ou leur durée.

Le professionnel consulté peut également évaluer votre risque d'exposition à ces deux types cicatrices pathologiques. En effet, les cicatrices chéloïdes sont plus fréquentes chez les personnes jeunes ou à la peau foncée. Aussi, les variations hormonales provoquées par certaines périodes de vie (puberté, grossesse, ménopause) influent sur l’apparition de telles lésions.

Étape 2 du diagnostic de cicatrice hypertrophique ou chéloïde : l’examen dermatologique

L’examen dermatologique est la seconde étape cruciale pour établir un diagnostic pertinent. Elle consiste à inspecter scrupuleusement la zone concernée. Certaines caractéristiques permettent déjà de distinguer une cicatrice hypertrophique et une cicatrice chéloïde . Parmi elles :

  • L’aspect : la cicatrice est boursouflée, d’aspect tumorale pour une cicatrice chéloïde .
  • La taille : la cicatrice chéloïde est plus étendue et tend à dépasser des bords de la lésion . Son évolution est permanente. La cicatrice hypertrophique , elle, reste confinée à la plaie initiale et finit par se stabiliser.
  • La localisation : on retrouve plus fréquemment ce genre de cicatrices sur le haut du corps (thorax, épaules, cou, oreilles notamment). En général, ce sont des zones où la peau subit de fortes tensions(2).

Pour améliorer nettement l’aspect d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde, appliquez une protection spéciale*. À découper à la taille souhaitée, elle est fine, discrète, lavable et réutilisable. Elle apporte une compression légère qui évite l’évolution de la cicatrice en réduisant sa taille et sa rougeur.

Étape 3 du diagnostic de cicatrice hypertrophique ou chéloïde : l’examen complémentaire

L’examen clinique suffit généralement pour diagnostiquer une cicatrice pathologique, qu’elle soit chéloïde ou hypertrophique. Cependant, des examens complémentaires peuvent venir certifier la nature de la cicatrice. On parle alors d’examen histologique, qui consiste à analyser un prélèvement de peau (exérèse ) après chirurgie notamment(2). Cependant, l’exérèse chirurgicale peut entraîner une récidive de la cicatrice chéloïde (ce qui n’est pas le cas d’une cicatrice hypertrophique ).

D’autres analyses sont parfois réalisées (colorations du trichrome et de l’actine muscle lisse)(1, 2). Elles permettent de révéler certaines composantes typiques d’une cicatrice et pas de l’autre. Certains outils permettraient, à l’avenir, d’envisager une technique non invasive de diagnostic d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde. Le Light-CT scanner est l’une d’entre elle et permet d'observer, à très haute résolution, les tissus profonds de la peau sans la pénétrer(2).

Poser un diagnostic juste permet d’orienter vers un traitement adapté, différent pour une cicatrice hypertrophique et chéloïde. Découvrez nos autres articles dédiés aux cicatrices chéloïdes et hypertrophiques : définition, symptômes, causes ou traitements pour mieux les cerner.

 

*Cette solution est un dispositif médical de classe I, qui porte au titre de cette réglementation le marquage CE. Lire attentivement la notice avant utilisation. Fabricant : Millet Innovation. 03/2022

 

Pour aller plus loin que cette approche globale et simplifiée, voici une source supplémentaire :

(1)Carmassi M, Eraud J, Gonelli D, Magalon G, Andrac Meyer L. Cicatrices chéloïdes : étude d’une série de cas. Annales de Pathologie. avr 2015;35(2):148‑53.

(2)Eraud J, Gonnelli D, Carmassi M, Bruzzese L, Andrac-Meyer L, Casanova D, et al. Diagnostic différentiel entre cicatrices chéloïdes et hypertrophiques : une nouvelle approche en tomographie par cohérence optique plein-champ. Annales de Chirurgie Plastique Esthétique. août 2014;59(4):253‑60.

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