Les traitements des cicatrices hypertrophiques & chéloïdes



Les traitements des cicatrices hypertrophiques & chéloïdes

Le traitement des cicatrices hypertrophiques et chéloïdes est délicat en raison du risque élevé de récidive. EPITACT® fait le point sur les pratiques thérapeutiques les plus utilisées dans le cadre des cicatrices pathologiques chéloïdes ou hypertrophiques.

Pour rappel, les cicatrices chéloïdes et hypertrophiques sont le résultat d’une prolifération excessive de la peau causée par les fibroblastes. Ces cellules cutanées produisent notamment du collagène, une substance qui contribue à la régénération de la peau. En cas de lésion , elles boostent leur activité pour accélérer la croissance cutanée, et donc la cicatrisation. Chez nos deux cicatrices pathologiques, cette activité est déréglée ; les fibroblastes produisent du collagène en excès, d’où le volume cicatriciel important.

 

Les principaux traitements d’une cicatrice hypertrophique et chéloïde

Les principaux traitements d’une cicatrice hypertrophique et chéloïde

La pressothérapie

  • C’est quoi ?

La pressothérapie est une technique thérapeutique basée sur la compression permanente et mécanique de la cicatrice. Elle se fait généralement par vêtements compressifs, attelles (clips pour lobes d’oreilles) ou plaques de silicone .

  • Comment ça marche ?

En compressant la cicatrice, l’apport en oxygène vers le tissu altéré est réduit. En conséquence, cela « asphyxie » les fibroblastes, réduisant ainsi leur prolifération. Elle diminue également la tension sur les bords de la cicatrice qui est un des facteurs de risque majeurs.

La protection pour cicatrices chéloïdes et hypertrophiques* d’EPITACT® en silicone est lavable et réutilisable. Elle limite l’évolution de la cicatrice et en améliore l’aspect (rougeur, rugosité, surface).

Occlusive, auto-adhésive, fine et résistante, elle se porte au quotidien et sur de longues périodes pour un maintien efficace et une grande discrétion.

  • Indications et efficacité

La pressothérapie est beaucoup plus efficace sur des cicatrices jeunes ou inflammatoires(1). On l’associe généralement à d’autres traitements comme la corticothérapie et la chirurgie (voir ci-dessous). La durée de compression est très longue (plusieurs mois, voire plusieurs années) et quotidienne (au minimum 12h/jour)(2). L’efficacité de cette technique est donc parfois mise à mal par la difficulté pour le patient à respecter ces indications.

 

La corticothérapie

  • C’est quoi ?

La corticothérapie désigne ici les injections intra-lésionnelles (dans l’épaisseur de la cicatrice) de corticoïdes, hormones aux propriétés anti-inflammatoires et antifibrosantes(2).

  • Comment ça marche ?

Les injections de corticoïdes freinent la production de fibroblastes et dégradent le collagène(1). Elles aident ainsi à réduire les douleurs, les démangeaisons et l’épaisseur de la cicatrice.

  • Indications et efficacité

Elles sont souvent utilisées pour les cicatrices jeunes et en phase inflammatoire. Elles se pratiquent toutes les 2 à 6 semaines avec un nombre maximum de 6 injections possibles(2). On les combine souvent avec la pressothérapie et la chirurgie et se font sous anesthésie locale.

 

La radiothérapie

  • C’est quoi ?

La radiothérapie consiste à envoyer des rayons radioactifs pour détruire les cellules altérées.

  • Comment ça marche ?

Cette technique vise à irradier la zone affectée pour entraîner la mort des cellules affectées. Dans le cadre des cicatrices chéloïdes, elle permet de limiter la prolifération des fibroblastes et de rétablir l’équilibre entre production et destruction naturelle du collagène(2).

  • Indications et efficacité

Cette technique invasive est généralement utilisée en cas d’échec des premiers traitements ou en association avec la chirurgie. Elle est contre-indiquée chez la femme enceinte, les moins de 18 ans et si la cicatrice est proche d’un organe sensible aux rayons X (thyroïde, ovaires/testicules, seins)(2).

 

La chirurgie

  • Comment ça marche ?

Le traitement chirurgical des cicatrices chéloïdes ou hypertrophiques consiste en l’ablation de la lésion pour réduire le volume de la cicatrice.

  • Indications et efficacité

Si la cicatrice est déjà trop volumineuse, la chirurgie peut être indiquée en première intention. Cependant, utilisée seule, elle expose le patient à un taux de récidive élevé : entre 40 à 100 % des cas(2) ! L’incision provoquerait en effet la réactivation de l’inflammation et un volume cicatriciel parfois plus important qu’au départ(3). Elle s’associe donc de préférence à d’autres traitements comme la corticothérapie et la pressothérapie et se pratique sous anesthésie locale ou générale.

Pour limiter d’autant plus le risque de récidive, on favorise une exérèse dite « intra-cicatricielle », qui consiste à ne retirer que la partie centrale de la cicatrice pour éviter des lésions sur la peau saine avoisinante.

À noter qu’une cicatrice hypertrophique se résorbe spontanément et ne nécessite donc généralement pas de chirurgie(4). Nous comprenons alors mieux l’importance d’établir un diagnostic fiable et définitif pour différencier clairement ces deux types de lésions.

 

Autres traitements des cicatrices hypertrophiques et chéloïdes

D’autres traitements de la cicatrice hypertrophique et chéloïde secondaires sont mentionnés dans la littérature scientifique, parmi eux :

• La cryothérapie, ou destruction des cellules par le froid, vise à injecter l’azote liquide dans la cicatrice via une aiguille. On note une réduction de volume supérieure à 50 % après une seule session(3) et des effets sur la souplesse, la couleur, la douleur et les démangeaisons. Généralement indiquée pour les petites chéloïdes, elle nécessite plusieurs séances espacées d’un temps de cicatrisation nécessaire d’environ 1 mois. Il est là-aussi préférable de l’associer aux autres traitements mentionnés puisqu’utilisée seule, elle induirait une récidive dans 52 à 75 % des cas(2).

• Le laser(2-4) diminue l’activité des fibroblastes et améliore les rougeurs. Le laser dit « ablatif » détruit la cicatrice chéloïde plus ou moins profondément et sur une surface relativement étendue. Le laser vasculaire, lui, « brûle » les vaisseaux et améliorent ainsi les rougeurs. L’efficacité du laser pour traiter la chéloïde ou l’hypertrophique reste contrastée et la récidive après laser ablatif semble fréquente.

• L’injection de toxine botulique directement après une chirurgie semblerait améliorer l’aspect des cicatrices chéloïdes. On note des résultats positifs sur la couleur, la consistance et l’épaisseur dès la première injection(1). Peu d’études sont disponibles mais cette méthode semble prometteuse pour traiter et prévenir les cicatrices chéloïdes.

 

Long et difficile est le traitement d’une cicatrice hypertrophique et notamment d’une cicatrice chéloïde . La récidive étant très fréquente, une surveillance accrue est nécessaire pour en limiter les risques. De nombreuses recherches sont en cours pour mettre au point de nouveaux traitements contre ces lésions pathologiques(5). Découvrez aussi deux articles complémentaires sur leur diagnostic et leurs symptômes.

 

 

*Cette solution est un dispositif médical de classe I, qui porte au titre de cette règlementation le marquage CE. Lire attentivement la notice d’utilisation. Fabricant : Millet Innovation. 05/2022

 

Pour aller plus loin que cette approche globale et simplifiée, voici quelques sources supplémentaires :

(1)Le Fourn B, Bogaert P. Traitement Secondaire chirurgical et médical des cicatrices. Annales de Chirurgie Plastique Esthétique. nov 2019;64(5‑6):392‑403.

(2)Jaloux C, Bertrand B, Degardin N, Casanova D, Kerfant N, Philandrianos C. Les cicatrices chéloïdes (deuxième partie) : arsenal et stratégie thérapeutique. Annales de Chirurgie Plastique Esthétique. févr 2017;62(1):87‑96.

(3)Piérard-Franchimont C, Hermanns-Lê T, Nizet J-L, Piérard GE. La vignette diagnostique de l’étudiant. Rev Med Liège. 2014;69(9):518‑21.

(4)Carmassi M, Eraud J, Gonelli D, Magalon G, Andrac Meyer L. Cicatrices chéloïdes : étude d’une série de cas. Annales de Pathologie. avr 2015;35(2):148‑53.

(5)Philandrianos C, Gonnelli D, Andrac-Meyer L, Bruno M, Magalon G, Mordon S. Mise au point d’un modèle animal original de cicatrice chéloïde . Annales de Chirurgie Plastique Esthétique. août 2014;59(4):246‑52.

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