Tout savoir sur l’opération de l’orteil en griffe



Tout savoir sur l’opération de l’orteil en griffe

L’orteil en griffe est une déformation qui affecte le plus souvent les quatre plus petits orteils. L’orteil se recourbe sur lui-même, ses deux articulations fléchies vers le sol.

On distingue trois principaux types de griffes d’orteils : la griffe proximale, distale (ou orteil en marteau ) et totale. La différence est la localisation de l’articulation fléchie : dans la griffe proximale, l’articulation touchée est celle située la plus loin de l’ongle. À l’inverse, la griffe distale désigne la flexion de l’articulation la plus proche de l’ongle. Enfin, la griffe totale touche les deux articulations.

 

Quand doit-on recourir à l’opération d’un orteil en griffe ?

L’opération de l’orteil en griffe ne se programme qu’en dernier recours, après échec des premiers traitements médicaux. Ceux-ci comprennent le port de semelles orthopédiques pour corriger, si besoin, les mauvais appuis à l’origine de la déformation. D’autre part, les orthèses d’orteils (orthoplastie) ou les barrettes sous-diaphysaires* ciblent directement la déformation de l’orteil. Ces dernières permettent de corriger en douceur la déformation en allongeant confortablement les plus petits orteils. Aussi, des exercices recommandés par un kinésithérapeute et/ou le podologue, peuvent améliorer les symptômes de l’orteil en griffe .

 

Les techniques opératoires pour l’orteil en griffe

La technique utilisée lors de l’opération d’un orteil en griffe dépend d’une part de la mobilité de l’orteil. En effet, soit la déformation est réductible (articulation souple), soit irréductible (articulation enraidie). D’autre part, le choix de la technique se fait en fonction de la cause d’apparition de la griffe.

Rappelons que l’orteil en griffe peut être secondaire à un défaut d’appui de l’avant-pied (pied plat, pied creux ou hallux valgus par exemple). Il peut également provenir d’une rétraction tendineuse causée par un déséquilibre entre certains muscles du pied. Le chirurgien s’assure ainsi de savoir si l’intervention doit viser les os ou bien les tendons.

 

Les techniques visant les tendons

 

• Ténotomie

Dans l’orteil en griffe , une rétraction tendineuse est parfois à l’origine de la déformation. Ces tendons passent sous les orteils et, s’ils sont rétractés, empêchent la mise à plat de l’orteil au sol. Pour contrer ce phénomène, la principale action est la section du tendon en cause, technique appelée « ténotomie ». Cette technique s'emploie notamment si l’orteil est encore souple(2).

 

• Allongement tendineux T

el est l’objectif des étirements réalisés chez le kinésithérapeute. Cette fois, cette procédure est chirurgicale et permet d'augmenter la longueur du tendon et ainsi de corriger la rétractation musculotendineuse.

 

• Transfert tendineux

Il s’agit là d’une technique permettant de modifier la fonction d’un muscle en déplaçant le point d’insertion de son tendon .

 

Les techniques visant les os et les articulations

 

• Ostéotomie

L’ostéotomie est une technique utilisée pour couper un os, ici une phalange de l’orteil, afin de le raccourcir. Ce geste s'effectue généralement sur la première phalange de l’orteil(4).

 

• Arthroplastie

La reconstruction chirurgicale d’une articulation enraidie pour rétablir sa mobilité se nomme arthroplastie. Souvent, l’opération de la griffe s’effectue au niveau de l’interphalangienne proximale par résection de la tête phalangienne(3, 5).

 

• Arthrodèse

La fusion chirurgicale d’une articulation , ou arthrodèse , s'indique pour les formes graves, lorsque l’articulation est enraidie(2). En cas d’orteil en marteau , la fusion intéresse généralement l’articulation interphalangienne proximale(3). Cette technique de fixation peut recourir à l’utilisation, non systématique, de broches ou d’implants qui seront ultérieurement retirés.

 

• Arthrolyse

L’arthrolyse est une technique chirurgicale permettant de libérer une articulation lorsque les mouvements sont limités. Pour cela, le chirurgien vient sectionner les tissus rétractés (capsules articulaires ou membranes liant les surfaces osseuses d’une articulation ). Cette technique concerne généralement l’articulation métatarso-phalangienne ou l’interphalangienne proximale(3, 4).

Ces quatre techniques sont les procédures chirurgicales les plus couramment utilisées pour l’opération de l’orteil en griffe . Notons également que dans la majorité des cas, le chirurgien associe plusieurs de ces techniques pour corriger la déformation de l’orteil en griffe (3).

 

Opération de l’orteil en griffe : avant/après

 

Objectif de l’opération

Le premier objectif de l’opération de l’orteil en griffe est le soulagement de la douleur. En effet, les pressions entre la chaussure et l’articulation saillante entrainent la formation de cors douloureux sur le dessus de l’orteil.

Le second objectif est d’éviter l’évolution de la déformation et ses conséquences insidieuses. La griffe d’orteil induit progressivement un défaut d’appui à l’avant du pied, des hyperpressions sous les têtes métatarsiennes(2) et des durillons.

Enfin, le but ultime de l’opération de l’orteil en griffe est le redressement durable de l’orteil. Cela permet de supprimer les difficultés de chaussage et la gêne esthétique. L’opération sert donc à rétablir un contact entre la pulpe des orteils et le sol(1).

 

Déroulement de l’opération

L’opération de l’orteil en griffe se fait généralement en ambulatoire : le patient arrive et repart le même jour de l’intervention. La durée d’intervention peut légèrement s’allonger si la griffe s'accompagne d'une autre déformation comme un hallux valgus.

Cette chirurgie ne requiert généralement qu’une anesthésie locorégionale où seul le pied est endormi. Deux grandes méthodes chirurgicales existent : la chirurgie à ciel ouvert ou en percutané (micro-incisions).

 

Convalescence après l’opération de l’orteil en griffe

Après l’opération de l’orteil en griffe , le chirurgien réalise un pansement contentif qui devra être gardé jusqu’à la prochaine séance de suivi.

L’appui (marche, conduite) est autorisé dès la sortie du bloc, sous réserve de porter une chaussure spéciale de décharge. Vous devrez également modérer ces appuis et penser à surélever les jambes régulièrement afin de limiter le gonflement du pied.

Plusieurs jours après l’opération, vous pourrez commencer des exercices de rééducation chez un kinésithérapeute(3).

 

Complications de la chirurgie

L’opération de l’orteil en griffe comporte plus de risques en fonction de l’âge, du mode de vie ou de potentielles comorbidités. Les personnes souffrant de diabète par exemple, sont particulièrement à surveiller(1).

Les complications post-opératoires générales communes à la majorité des chirurgies comprennent les hématomes, œdèmes, problèmes de cicatrisation ou les infections.

Il existe aussi des complications plus spécifiques à l’opération de l’orteil en griffe . Celles-ci incluent notamment l’hypo- ou l’hyper-correction de la déformation, les problèmes de consolidation osseuse et les risques de récidive. La diversité de déformations, de causes, de techniques et de critères complexifie l’opération de l’orteil en griffe . Pour connaître toutes les modalités de la chirurgie des griffes d’orteils, référez-vous à votre médecin traitant ou podologue.

 

 

*Cette solution est un dispositif médical de classe I, qui porte au titre de cette règlementation le marquage CE. Lire attentivement la notice d’utilisation. Fabricant : Millet Innovation. 06/2022

Pour aller plus loin que cette approche globale et simplifiée, voici quelques sources supplémentaires :

(1)Diebold P-F. Pathologie non traumatique des orteils. EMC - Appareil locomoteur. janv 2009;4(3):1‑6.

(2)Bissuel T, Canovas F, Avignon A, Sultan A. La chirurgie orthopédique dans la prévention des troubles trophiques du pied chez le patient diabétique. Médecine des Maladies Métaboliques. févr 2016;10(1):47‑52.

(3)Etchevers J-P. Ténodèse des fléchisseurs par l’implant Toe-Flex® dans le traitement des griffes d’orteils. Med Chir Pied. juin 2016;32(2):51‑3.

(4)Frey S, Hélix-Giordanino M, Piclet-Legré B. Correction percutanée de la déformation proximale du 2e orteil par arthrolyse de l’interphalangienne proximale, ténotomie du Flexor Digitorum Brevis et ostéotomie de la phalange proximale. Revue de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique. oct 2015;101(6):498‑503.

(5)Société d’Imagerie Musculo-Squelettique. Le pied [Internet]. Sauramps Médical; 2011 [cité 12 avr 2022]. Disponible sur: http://www.sims-asso.org/uploads/pdfs/monographies/3/1.pdf

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