6 facteurs favorisant la rhizarthrose (arthrose du pouce)

6 facteurs favorisant la rhizarthrose du pouce ou arthrose du pouce par Epitact
Temps de lecture
4 min
Date de mise à jour
9 octobre 2026
Sommaire

La rhizarthrose du pouce est l'arthrose à la base du pouce et plus précisément de l'articulation trapézo-métacarpienne. Cette pathologie touche principalement les femmes dès 50 ans. Le plus souvent, la rhizarthrose débute par la main dominante, bien que les deux mains soient atteintes dans la plupart des cas. De nombreux facteurs combinés en sont à l'origine : des facteurs génétiques, hormonaux, anatomiques ou mécaniques semblent favoriser son apparition. Découvrez quels sont les 6 principaux facteurs aggravant la rhizarthrose du pouce, et apprenez comment les prévenir ou limiter leur impact.

Causes et facteurs aggravants de la rhizarthrose

1. L'âge, un facteur d'usure naturelle du cartilage du pouce

La prévalence de l’arthrose du pouce augmente effectivement à partir de 50 ans. La raison est simple : le vieillissement touche l’ensemble du corps, y compris les cartilages qui s’usent progressivement. Avec le temps, la synthèse de collagène (protéine qui compose majoritairement le cartilage) diminue. Le cartilage perd alors de son élasticité, de sa capacité de régénération, et devient vulnérable aux frottements. 
Son usure entraîne le frottement des deux os ; le trapèze et le métacarpien, qui à terme provoque les douleurs typiques de l’arthrose.

2. Ménopause et baisse d'œstrogènes, un risque hormonal pour les femmes

Les variations hormonales, en particulier lors de la ménopause, sont un facteur de plus favorisant la rhizarthrose. Ceci explique d’ailleurs aussi pourquoi cette pathologie est plutôt féminine.
À cette période charnière de la vie d’une femme, le taux d’œstrogènes diminue fortement. Hélas, ces hormones ont des capacités protectrices du cartilage ; leur diminution fragilise davantage l’articulation.

3. Hérédité et prédisposition génétique à la rhizarthrose

Si quelqu’un dans votre famille souffre de rhizarthrose, il est plus probable que vous développiez aussi la pathologie. En effet, la santé et la mobilité des articulations est souvent génétique : certaines familles possèdent des articulations plus fragiles et des cartilages moins résistants que d’autres. 
La génétique jouerait un rôle prépondérant dans l’arthrose du pouce, à hauteur de 86 %(1) : cela signifie que près de 9 fois sur 10, la préposition à développer cette arthrose du pouce est d'origine génétique.

4. L'hyperlaxité articulaire, un facteur de fragilité mécanique

L’hyperlaxité articulaire désigne une souplesse exagérée de l’articulation, ce qui lui confère une mobilité et une amplitude anormale. Au niveau du pouce, cela signifie que les ligaments qui lient le premier métacarpien (os long du pouce) au trapèze (os du poignet) sont trop « élastiques » et augmentent ainsi l’hypermobilité. Ce déplacement excessif de l’articulation créé des frottements inadaptés qui accélèrent l’usure du cartilage à la base du pouce à l’origine de la rhizarthrose. 
Ainsi, certaines pathologies qui entraînent une hyperlaxité articulaire favorisent l’apparition d’arthrose du pouce, comme le syndrome de Marfan ou d’Ehler-Danlos(2).
La rhizarthrose est bien plus fréquente chez les femmes, en raison d’une plus grande laxité articulaire chez cette population(3). Généralement, cette hypermobilité est héréditaire.

5. Des particularités anatomiques

La forme naturelle des os peut jouer un rôle dans l’apparition de l’arthrose du pouce. Une malformation du trapèze ou de la base du premier métacarpien favorise les contraintes mécaniques dans l’articulation(4). On parle de malformation, ou de dysplasie, lorsque l’os est excessivement plat ou oblique.
Notez également que ce facteur anatomique explique une fois de plus la prédisposition féminine à la rhizarthrose : la forme plus plate des surfaces articulaires chez la femme offre un moins bon emboîtement osseux, ce qui décentre l'articulation et concentre les pressions sur le cartilage lors des mouvements de pince notamment, usant prématurément le cartilage(3).

6. Métiers manuels : gare aux sollicitations répétitives du pouce

Si vous avez exercé dans votre jeunesse ou si vous pratiquez dans votre quotidien un métier, des travaux ou des loisirs manuels du type hôte de caisse, coiffure, piano, ébénisterie, couture, jardinerie, etc., il se peut que la répétition de gestes minutieux impliquant le pouce porte atteinte à votre articulation. L’utilisation intensive du smartphone ou de l’ordinateur représente également un facteur de risque majeur d’arthrose du pouce. 
Les gestes à risque sont notamment les mouvements de pince entre le pouce et les autres doigts, les torsions, les amplitudes extrêmes, les préhensions fines ou en force prolongées.
De plus, les conditions de travail pénibles qui peuvent s'y ajouter sont autant de facteurs de risque de la rhizarthrose du pouce (froid, humidité, vibrations, etc.).

7. Les traumatismes du pouce et leurs séquelles

Les traumatismes du pouce comprennent toutes les blessures de type fractures, luxations et entorses. Mal soignées, ces lésions peuvent laisser des séquelles et notamment une instabilité articulaire résiduelle, qui se traduit par une mobilité excessive de l’articulation, laquelle favorise l’apparition ou la récidive de blessures (par exemple l’arthrose du pouce). 
Vous comprenez qu’il est absolument crucial de consulter au plus tôt après le traumatisme et surtout de suivre à la lettre le programme de rééducation indiqué par votre professionnel de santé. Notez également que ces séquelles peuvent ne pas apparaître tout de suite et mettre plusieurs années à se manifester.

8. Pathologies associées

La rhizarthrose peut être associée à certaines pathologies rhumatismales inflammatoires chroniques, connues pour altérer les cartilages (ex : polyarthrite rhumatoïde, chondrocalcinose)(2).
L’obésité serait également un facteur favorisant la rhizarthrose(5).
Non considérées comme des facteurs de risque mais plutôt comme des associations fréquentes à la rhizarthrose, citons les atteintes comme le syndrome du canal carpien, l’arthrose digitale des doigts longs, les doigts à ressaut, la tendinite de De Quervain et la tendinite du fléchisseur radial du carpe(2). En effet, ces lésions partagent des facteurs communs avec l’arthrose du pouce.

 

Quand consulter un médecin ou un rhumatologue ?

La rhizarthrose est une pathologie dégénérative, chronique. Dès l’apparition des premiers signes d’alerte, il est important de consulter afin d’enrayer l’évolution rapide des symptômes et de préserver son confort articulaire. Prenez rendez-vous chez votre médecin si vous observez : 

  • Une douleur persistante à la base du pouce, notamment lors de la pince pouce-index ;
  • Une douleur intense à la base du pouce qui apparaît par phase : la rhizarthrose évolue par poussées inflammatoires, et alterne donc phases douloureuses aiguës et phases d’accalmie ; 
  • Une limitation progressive de l'amplitude de mouvement du pouce, qui marque le début d’une raideur articulaire, avec difficulté croissante à exercer les petits gestes en force comme tourner une clé, ouvrir un bocal, tenir un stylo, etc. 
  • Un gonflement récurrent de la zone trapézo-métacarpienne ;
  • Une déformation visible de l'articulation à la base du pouce : ceci correspond souvent à un stade déjà avancé de rhizarthrose.

Le diagnostic de la rhizarthrose repose sur un examen clinique et une radiographie, réalisée par un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste. Plus le diagnostic est réalisé tôt, mieux vous adaptez vos gestes et prévenez l’évolution de la rhizarthrose. En savoir plus sur les symptômes de la rhizarthrose →


Les solutions contre la rhizarthrose

La prise en charge de l’arthrose du pouce dépend de son origine uni- ou multifactorielle. Dans tous les cas, seul un professionnel de santé peut vous orienter vers le traitement adapté à votre profil. Ci-dessous, trouvez la liste des principales approches thérapeutiques en cas d’arthrose du pouce : 

  • Adaptation des gestes quotidiens et ergonomie du poste de travail : limiter les gestes répétitifs inutiles et les mouvements de pince prolongés, utiliser des outils ergonomiques (ouvre-bouteille, ciseaux, souris d’ordinateur, etc.).
  • Rééducation avec un kinésithérapeute ou un ergothérapeute pour renforcer les muscles stabilisateurs et apprendre les gestes protecteurs.
  • Traitements médicamenteux en cas de poussée inflammatoire (anti-inflammatoires, antalgiques), sur prescription médicale.
  • Orthèses de repos la nuit et d'activité la journée afin de limiter les mouvements traumatisants et de soulager les douleurs en continu. 
  • Chirurgie en dernier recours, lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus.

En savoir plus sur les traitements de l’arthrose du pouce →

Les orthèses de pouce EPITACT®

Complémentaires, l’orthèse de pouce nuit* et l’orthèse de jour* EPITACT® offrent une action continue sur l’articulation atteinte d’arthrose.

  • La nuit, en période de repos ou de crise inflammatoire douloureuse, il est recommandé d’immobiliser le pouce dans une position de repos. C’est pourquoi une orthèse rigide permettra de placer le pouce dans une position de repos, afin de soulager les douleurs et de limiter l’évolution de la rhizarthrose. En cas de déformation articulaire, préférez l’orthèse thermoformable* qui repose l’articulation tout en s’adaptant à votre morphologie : confort optimal garanti !
  • La journée, une orthèse souple limite les microtraumatismes articulaires lors des gestes quotidiens, sans jamais contraindre la mobilité de l’articulation et la fonctionnalité de la main. Cette technologie développée et brevetée par EPITACT®, s’appuie sur un patronnage et un tissu technique qui favorisent le retour du pouce dans une position neutre lorsque vous ne l’utilisez pas.

Qu’est-ce qu’une position de repos, ou neutre, du pouce ?

La position la plus neutre pour l’articulation trapézométacarpienne, impliquée dans la rhizarthrose, est lorsque le pouce est aligné avec le premier métacarpien et que la commissure avec l’index est ouverte (Figure 1). C’est dans cette position précise que nos orthèses placent votre pouce, afin de limiter les micromouvements articulaires traumatisants.

Position neutre pour l'articulation à la base du pouce


Causes et facteurs de la rhizarthrose - Foire Aux Questions

Si mes parents ont de la rhizarthrose, vais-je forcément en développer une ?

Non, car bien qu’il existe une prédisposition génétique qui augmente la vulnérabilité du cartilage, l’apparition de l’arthrose dépend d’une combinaison de facteurs : votre hygiène de vie, les sollicitations répétées de l’articulation ou vos traumatismes articulaires passés jouent un rôle majeur. Avoir un parent touché doit simplement vous inciter à adopter plus tôt des gestes protecteurs.

Peut-on ralentir l'évolution de la rhizarthrose une fois qu'elle est installée ?

Oui, en adoptant au plus tôt les bons réflexes : adaptation des gestes, rééducation et port d'orthèses. Même si le cartilage usé ne se régénère pas, il est tout à fait possible de freiner la progression de l'usure et d'apaiser les douleurs.

Y a-t-il une différence entre facteur déclenchant et facteur aggravant ?

Oui, il faut ici comprendre que certains facteurs prédisposent à la pathologie (ex : sexe, hérédité), quand d’autres accélèrent leur évolution (ex : traumatismes du pouce, gestes manuels, ménopause).

Les hommes peuvent-ils aussi développer une rhizarthrose du pouce ?

Oui. Bien qu'elle touche majoritairement les femmes (notamment après la ménopause en raison des variations hormonales), la rhizarthrose concerne aussi les hommes. Chez eux, elle survient plus fréquemment à la suite d’un traumatisme ancien (entorse, fracture), de la pratique prolongée d'un métier manuel réclamant de la force ou d'une hyperlaxité articulaire.

 

*Ces solutions sont des dispositifs médicaux de classe I, qui portent au titre de cette réglementation le marquage CE. Lire attentivement la notice avant utilisation. Fabricant : Millet Innovation. 09/2026


Sources :
(1)Magnusson K, Turkiewicz A, Haugen IK, Englund M. The genetic contribution to hand osteoarthritis. Osteoarthritis and Cartilage. 1 oct 2022;30(10):1385‑9. doi:10.1016/j.joca.2022.06.011
(2)Chevalier X, Compaore C, Eymard F, Flipo RM. Rhizarthrose. Revue du Rhumatisme Monographies. 1 avr 2012;Main, coude, poignet - Première partie79(2):110‑5. doi:10.1016/j.monrhu.2011.11.010
(3)Colonna S, Borghi C. Rhizarthrosis Part I: A Literature Review. Cureus. 2024;16(1). doi:10.7759/cureus.52932
(4)Athlani L, De Almeida YK, Martins A, Seaourt AC, Dap F. Thumb basal joint arthritis in 2023. Orthopaedics & Traumatology: Surgery & Research. 1 févr 2024;2023 Instructional Course Lectures (SoFCOT)110(1, Supplement):103772. doi:10.1016/j.otsr.2023.103772
(5)Kerkhof F, Kenney D, Ogle M, Shelby T, Ladd A. The biomechanics of osteoarthritis in the hand: Implications and prospects for hand therapy. Journal of Hand Therapy. 1 juill 2022;SI: Upper Extremity Arthritis35(3):367‑76. doi:10.1016/j.jht.2022.11.007

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